Journée des écrivains en prison : origine, sens et actions
Par Ambros Varius, magicien mentaliste
Chaque 15 novembre, la Journée des écrivains en prison attire l’attention sur les auteurs, journalistes et blogueurs emprisonnés, menacés ou tués à cause de leurs écrits. Portée depuis plus de quatre décennies par le réseau international PEN, elle rappelle qu’écrire reste, dans de nombreux pays, un acte risqué. Lectures publiques, appels à mobilisation et campagnes de lettres ponctuent cette journée partout dans le monde.
En bref
- Date : Le 15 novembre, chaque année
- Organisateur principal : PEN International, via son Comité des écrivains en prison
- Origine : Instaurée en 1981
- Objectif : Défendre la liberté d’écrire et soutenir les auteurs persécutés
- Portée : Événements organisés dans des dizaines de pays
Origine et histoire
La Journée des écrivains en prison a été instaurée en 1981 par PEN International, organisation mondiale d’écrivains fondée à Londres en 1921. Elle s’appuie sur le travail du Comité des écrivains en prison (Writers in Prison Committee), créé en 1960 au sein de PEN pour documenter et dénoncer les cas de persécution d’auteurs à travers le monde.
Dès sa création, ce comité a pour mission de recenser les écrivains, poètes, journalistes et éditeurs emprisonnés, torturés ou tués en raison de leurs textes, puis d’alerter l’opinion publique et les gouvernements. La journée du 15 novembre est devenue le temps fort annuel de ce travail de veille, permettant aux centres PEN nationaux de coordonner leurs actions à la même date.
Au fil des décennies, cette journée a accompagné de nombreuses campagnes de libération et a contribué à faire connaître des cas emblématiques, donnant une résonance internationale à des situations qui resteraient sinon ignorées hors des frontières du pays concerné.
Signification
Cette journée rappelle que la liberté d’expression littéraire n’est pas acquise partout. Dans plusieurs pays, écrire un roman, un poème, un article ou même un billet de blog peut conduire à l’emprisonnement, à la censure ou à des représailles bien plus graves.
Le symbole choisi, souvent une plume associée à des barreaux, illustre cette tension entre l’acte créateur et l’enfermement. La journée ne se limite pas aux romanciers : elle concerne aussi les journalistes, les blogueurs, les traducteurs et les éditeurs, dès lors que leur travail d’écriture est à l’origine de leur détention.
Elle vise également à soutenir moralement les personnes concernées : des lettres leur sont parfois adressées directement dans leur lieu de détention, un geste simple mais dont l’impact est régulièrement salué par d’anciens prisonniers une fois libérés.
Date et chiffres clés
Le 15 novembre est une date fixe, commune à tous les centres PEN dans le monde depuis la création de la journée.
Chaque année, le Comité des écrivains en prison publie un état des lieux recensant plusieurs centaines de cas d’auteurs et de journalistes emprisonnés, disparus ou tués en lien avec leur activité d’écriture, une base mise à jour en continu et utilisée pour les campagnes de plaidoyer menées tout au long de l’année.
Le prix PEN/Barbara Goldsmith Freedom to Write Award, décerné chaque année par PEN America, met en lumière un écrivain emprisonné ou menacé, souvent au moment où sa situation nécessite une visibilité internationale accrue.
En France
Le PEN Club français, fondé la même année que PEN International, relaie la journée du 15 novembre dans le pays : lectures publiques de textes d’auteurs emprisonnés, courriers de soutien et interpellations des autorités diplomatiques concernées.
Des librairies, bibliothèques et associations culturelles organisent aussi, à cette période, des lectures ou des tables rondes sur la liberté d’expression. Reporters sans frontières, dont le siège est à Paris, publie régulièrement des données sur les journalistes détenus, complétant ainsi le travail des centres PEN.
Ces initiatives s’inscrivent dans un mouvement plus large de vigilance sur la liberté de la presse, porté également par des institutions publiques et des associations de défense des droits humains.
Dans le monde
Les centres PEN présents dans plus d’une centaine de pays organisent chaque 15 novembre des actions locales : veillées, lectures de textes interdits, pétitions adressées aux ambassades, ou encore campagnes d’écriture de lettres destinées directement aux prisonniers.
Certains cas suivis par PEN sont devenus emblématiques, comme celui de l’écrivain et dramaturge tchécoslovaque Václav Havel, emprisonné à plusieurs reprises pour ses écrits avant de devenir président de son pays, ou celui de l’écrivain chinois Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, mort en détention en 2017 après des années d’emprisonnement pour ses textes.
Ces exemples illustrent la portée du travail mené par PEN : documenter, nommer, et maintenir une pression internationale constante sur les autorités concernées, bien au-delà de la seule journée symbolique.
Idées concrètes pour y participer
Il est possible de s’informer sur les cas suivis par PEN International en consultant les rapports publics du Comité des écrivains en prison, disponibles sur son site officiel. Ces documents détaillent les situations individuelles et les actions recommandées.
Signer une pétition ou participer à une campagne de lettres adressée à un écrivain emprisonné figure parmi les gestes les plus directs proposés par les centres PEN. Certaines campagnes permettent aussi d’écrire aux ambassades ou aux autorités d’un pays concerné pour demander une libération.
Relayer l’information auprès de son entourage, assister à une lecture publique organisée localement, ou simplement lire les œuvres d’auteurs emprisonnés sont autant de façons accessibles de marquer cette journée et de donner de la visibilité à des situations souvent méconnues du grand public.
Le saviez-vous ?
Le nom PEN vient des initiales anglaises Poets, Essayists, Novelists, reflet des catégories d’écrivains que l’organisation entendait fédérer dès sa création, bien avant d’étendre son action à la défense des journalistes et des blogueurs.
Associations à soutenir et où faire un don
PEN International
Organisation mondiale d'écrivains qui défend la liberté d'expression littéraire et documente les cas d'auteurs emprisonnés via son Comité des écrivains en prison.
Reporters sans frontières
Organisation basée à Paris qui défend la liberté de la presse et recense les journalistes emprisonnés ou menacés dans le monde.
Amnesty International France
Section française du mouvement mondial de défense des droits humains, mobilisée notamment sur les cas de prisonniers d'opinion.
Magie et curiosité : Le message invisible
Ce tour évoque la force discrète des mots : une feuille qui semble vierge révèle peu à peu un message caché, comme un rappel que l’écrit trouve toujours un moyen de se faire entendre, même sous la contrainte.
L’effet : Une feuille blanche révèle un message secret.
Le matériel : Du jus de citron, un coton-tige, une feuille, une source de chaleur (avec un adulte).
Le secret, pas à pas :
- Écrivez un message avec le jus de citron et le coton-tige ; laissez sécher.
- La feuille paraît blanche.
- Un adulte chauffe doucement la feuille (fer à repasser tiède ou ampoule, jamais une flamme).
- Le message apparaît en brun.
Le conseil d’Ambros Varius : Parfait pour une chasse au trésor ou une lettre secrète.
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Ambros Varius et Journée des écrivains en prison
En tant que mentaliste, Ambros Varius travaille chaque jour avec les mots : il écoute, mémorise, interprète ce que les gens disent et taisent. Cette proximité avec l’écrit et la parole le rend sensible à la Journée des écrivains en prison, qui rappelle que l’acte d’écrire peut coûter la liberté, parfois la vie, à des auteurs et journalistes dans le monde. Relayer cette information sur mentaliste.fr est une façon simple de contribuer à la faire connaître. Pour marquer cette période, le site s’habille d’un décor évocateur : plume, barreaux stylisés, chandelle et feuilles froissées, sans jamais détourner l’attention du propos de cette page.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la Journée des écrivains en prison ?
C'est une journée internationale, portée par PEN International, qui attire l'attention sur les auteurs, journalistes et blogueurs emprisonnés ou persécutés en raison de leurs écrits.
Quand a-t-elle lieu ?
Elle se tient chaque année le 15 novembre, une date fixe depuis sa création en 1981.
Qui organise cette journée ?
Elle est portée par PEN International, via son Comité des écrivains en prison, et relayée en France par le PEN Club français.
Comment puis-je y participer ?
On peut lire les rapports publiés par PEN International, signer une pétition, écrire une lettre à un écrivain emprisonné ou assister à une lecture publique organisée localement.
En quoi diffère-t-elle de la Journée mondiale de la liberté de la presse ?
La Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, est portée par l'UNESCO et concerne la presse en général, tandis que la Journée des écrivains en prison, le 15 novembre, se concentre spécifiquement sur les auteurs et journalistes emprisonnés, suivis individuellement par PEN.
Pour aller plus loin
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